Déménager à Sainté, c’est un peu comme la première fois : on en parle beaucoup, on nous dit que ça va être horrible, et en fait ça glisse comme dans du beurre.

Etape 1 : les condoléances des proches

Quand tu annonces à tes parents que tu déménages à Sainté, l’ambiance est aussi pesante qu’un coming out dans une famille catho. “Papa, maman… il faut que je vous dise un truc…”. Mais ce sont tes parents, alors ils sont compréhensifs. “Tu sais chéri [snif snif], si c’est vraiment ce que tu veux, avec maman, on respecte ton choix…”.

Tes potes, eux, disent vraiment ce qu’ils pensent : “Dur… L’avantage c’est que tu reviendras souvent ! ” (d’ailleurs, ta grand-mère a eu la même réaction). Mais ils sont un peu condescendants quand même.
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Voilà à quoi va ressembler ton retour des vacances de Noël (ou de Pâques)…

Etape 2 : les clichés

Une fois les proches et la famille mis au courant, voici venu le temps des anecdotes historico-bienveillantes : 
“Saint-Etienne, mais bien sûr, MANUFRANCE !!!”
“Saint-Etienne, mais bien sûr, LES VERTS !!!”
“Saint-Etienne, mais bien sûr, LE FAMAS !!!”

Mais la ville de Saint-Etienne colporte aussi son lot de clichés négatifs. Pour le confort de nos lecteurs stéphanois d’origine, nous vous épargnerons la liste exhaustive de toutes les horreurs qu’on entend. Ville la plus froide de France ? (Ah non, c’est Aurillac !). Centre-ville miné par la pauvreté ? Rue Grand Gonnet = Capitale du Crime ? Meh.

Etape 3 : l’arrivée

Givors Ville, Rive de Gier et Saint Chamond t’ont mis la chauffe. Te voilà à Chateaucreux. L’accueil est charmant, le panneau TERMINUS grésille.

Vite, un appartement ! Et c’est là que les bonnes nouvelles commence. Première visite : on va faire quoi de toutes ces chambres ? Les annonces auraient du nous mettre la puce à l’oreille :
“IDEAL ETUDIANT, HYPERCENTRE, 75m2, jardin, piscine, tennis, 245 euros charges comprises”. Le proprio : “Vous venez pourquoi à Saint-Etienne ? Les études ? C’est bien, ici, vous serez tranquilles pour travailler !”

Te voilà installé. Le centre est sympa, quand même. Y’a même la Fnac. En 5 minutes de tram, t’es à la fac. En plus avec le Sainté Pass, pour le prix d’une soirée électro lyonnaise, t’es allé quatre fois au théâtre, douze fois au ciné et deux fois au Fil.

Tu commences à dire du bien de la ville à tes potes, perplexes. Prochaine mission : les faire venir. Mais où ? Te voilà parti à la conquête de Sainté By Night.

Etape 4 : les sorties

21h30. Il fait froid. Les rues sont désertes. Tu croises trois personnes, tu te rassures en te disant que c’est dimanche, tu réfléchis… on est samedi. Soudain te revient cet indice qu’on t’avait laissé : la rue des mar, mar…marins ?. Ah ! Des MARTYRS, c’est ça !

Place du Peuple, samedi, 21h30.

Tu pousses la porte d’un bar, et tu as l’impression de rentrer dans le monde de Narnia. Tout à coup, tu découvres l’ambiance de Sainté, tu retrouves tes semblables : des étudiants qui viennent de partout, des jeunes – et des moins jeunes. Tout le monde se parle et la bière coule à flot, le match des verts en fond vient compléter le tableau. Et tu kiffes !

Maintenant que cette ville te comble, il va falloir …

Etape 5 : convaincre les potes

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Ce que tes potes s’imaginent quand tu leur parles de passer le week end à Sainté.

Ils sont coriaces. Tu sors le grand jeu : Téléthon – ASSE/En Avant Guingamp et la Sainte Barbe. Ils ne sont pas déçus. Certains finissent même (presque) par t’envier.

Faut dire qu’ils auront fait l’expérience des discussions sur le bar à 4 heures du matin sur toute l’histoire de Sainté depuis 1830, de la folle ambiance de la Mine et l’atmosphère du Vol de Nuit, des attractions exceptionnelles telles que jouer avec les lumières design de la rue Georges Tessier en pleine nuit, d’un bon artiste au Fil ou à la Tanière, et puis surtout, l’after au BDR.
jsc

Ambiance à la Mine.

Chacun conclut : “C’était pas si mal, vivement la prochaine!”

Bon en fait, on se marre vraiment bien ici !