Arrivée à Saint-Etienne il y a deux ans, je repars le cœur serré et des souvenirs plein la tête. Impossible de ne pas évoquer ma première impression, lorsque je suis venue pour la première fois et que, depuis la route, mes yeux se sont arrêtés sur ces tours, qui paraissent immenses et oppressantes. La ville grise et industrielle s’est finalement révélée être celle dans laquelle je me sens le mieux, et celle à laquelle je trouve le plus de charme. Je vais devoir partir pour de nouvelles aventures à la rentrée, mais avant ça, voici un petit récapitulatif en deux catégories : les choses qui ne me manqueront pas à Saint-Etienne et les choses qui, incontestablement, me manqueront !

Ce qui ne me manquera pas :

1. Le boulevard Jules Janin en voiture.

A pied je ne l’ai jamais fait, mais en voiture, pratiquement une fois par semaine. Des bouchons tout le long, heure de pointe ou non ! Si ce n’est pas les feux de 7 minutes (montre en main) qui te stoppent, c’est le marché sur la place qui t’empêche de rouler à plus de 10km/h… Mais si ce n’est pas non plus le marché, c’est les changements de voie des autres conducteurs… Tu en veux encore ? Les voitures en double file. En gros, certains jours, à travers la ville, en trottinette et à reculons, tu peux arriver plus vite qu’en voiture par ce boulevard. A tester tout de même.

    

2. L’absence de Burger King

… Wait… qu’est-ce que j’entends là ? On me dit dans l’oreillette que l’enseigne va en ouvrir un à Monthieu d’ici octobre. Un mois après mon départ. Serait-ce un message du hasard ? Ou un complot des nutritionnistes ?

 

Ce qui me manquera :

1. « C’est quelle heure ? »

Combien de fois ai-je serré les dents et repris la personne qui demandait « c’est quelle heure » ? Je dois aujourd’hui me repentir dans l’humiliation la plus totale : OUI OK je le dis moi aussi maintenant mais il fallait s’y attendre. Aussi, je m’excuse auprès de toutes les personnes à qui j’ai dit « IL EST QUELLE HEURE ». Pardon !

2. Allez les verts !

Entrer dans une grande surface et observer toutes les pancartes, les panneaux, les rayons dédiés à la couleur verte, à l’équipe de l’AS Saint-Etienne et à la fierté d’en faire partie. Je me suis souvent demandé ce que cela donnerait si, au fin fond de la Haute-Saône, on décorait ainsi les magasins de slogans censés représenter les lieux…« Allez le fromage » ou « allez les vaches »… Etre fiers c’est bien, mais c’est encore mieux quand il y a une raison, et les Stéphanois en ont plusieurs !

3. On ne badine pas avec les mots

Bref, toujours en comparaison, je me rends compte que les Stéphanois sont depuis longtemps à cheval sur les mots et les produits. Les râpées, faut arrêter de mentir, ce sont des roesti ! Sans parler des bugnes, qui s’appellent dans d’autres régions des beignets de carnaval ou des bottereaux… acceptez-le ou périssez !! Plus sérieusement, j’ai bien ri de me faire disputer parce que je connaissais ces produits sous d’autres noms.

4. Les Stéphanois sont chaleureux

Un point vraiment, mais alors vraiment non négligeable, c’est celui de la chaleur qui se dégage de la ville et de ses habitants. J’en ai connu au fil des régions visitées ou habitées, des personnes froides. J’élis Saint-Etienne la ville où j’en ai rencontré le moins. Et je suis exigeante c’est pour dire !

5. Entre village et ville

Les sentiers du Forez, le Parc du Pilat, mais aussi les villages aux alentours où il est possible de se baigner et de flâner sur la plage en compagnie de ton Schweppes Agrum. Dans la ville même, tu peux aussi te planter en plein milieu du Parc de l’Europe, c’est agréable, grand, et ça te permets de respirer. A ma grande surprise, celui que j’affectionne le plus est un tout petit parc (vraiment minuscule) le long du Cours Gustave Nadaud. Le parc Villeboeuf a des arbustes taillés en arcs, des enfants y jouent souvent, il est agréable et lorsque le soleil se couche, le Parc à droit à ses derniers rayons, ce qui lui donne un côté un peu magique. Il suffit de passer la barrière de sortie pour être à nouveau en pleine ville… C’est assez formidable !

Parc Villeboeuf

6. Le droit d’être dans la dèche

Impossible de ne pas parler des loyers très attractifs. Cependant c’est de ce que ça implique dont je vais parler. Le nombre d’offres était extrêmement haut, les prix sont bas, et les propriétaires ne sont ni exigeants ni hors réalité. Etre étudiante, comme avoir un petit salaire, comme vivre sur de petits CDD mal payés, implique obligatoirement plusieurs garanties derrières pour assurer son sérieux. A Besançon, 2 garants m’étaient demandés. Idem à Toulon, c’est deux garants, sachant que cela ne suffit pas forcément, et que ceux-ci doivent gagner au moins 3 fois le montant de mon loyer. A Saint-Etienne, la proposition d’avoir des garants est appréciées mais non obligatoire. Les propriétaires sont compréhensifs, agréables, et ne m’ont jamais demandé de jurer que j’étais solvable au téléphone avant de venir visiter l’appartement. Véridique !

7. Les grafitti d’Ella et Pitr

Avant d’arriver ici je ne les connaissais absolument pas. Et puis ensuite j’ai fait la connaissance du Géant à l’angle des rues Cugnot et Ferdinand, qui a d’ailleurs laissé place à un arbitre (Le coup de pied à la lune). Gros coup de cœur pour la vielle dame qui nous demande de laisser les murs propres.

Ella & Pitr

Ella & Pitr

8. Faire partie de Sainté CityCrunch

Il est vrai que je ne suis pas une acharnée du clavier, que je n’ai pas contribué comme d’autres de mes collègues du blog à son effervescence, mais les articles que j’ai écrits ont été pensés et écrits avec beaucoup de plaisir ! Les rendez-vous dans des bars et restaurants aux 4 coins de la ville me manqueront, et nos rires aussi =)

Il est l’heure à présent de m’en aller. Je continue mon chemin dans le Sud où j’espère être aussi agréablement surprise qu’ici, et où il fera aussi bon d’y vivre. Un page se tourne, et elle est lourde en émotions…