Chez CityCrunch, on aime faire des tests, tu le sais déjà. Entre les restos et les activités, on a bien de quoi s’occuper. Mais on s’est dit qu’on pouvait aller plus loin…

Et pourquoi pas aller tester ce salon de tatouage avenue de la Libération, juste au-dessus de l’agence de voyage ? Personnellement, cette devanture m’envoyait des messages subliminaux depuis des mois. Et en plus, elle me parlait :  « viiiiiiieeeens mon enfant…. viiiens te faire tatouer ! »… (niveau santé mentale, je vais bien, merci).

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Karavan Tattoo a investi depuis janvier 2016 le premier étage du curieux immeuble de façade entre la rue des Martyrs de Vingré et la rue Michelet. Passe dans le coin et regarde : le côté rue Michelet est très étroit et le côté rue des Martyrs est à peine plus large, c’est bien juste une façade qu’on a ajouté pour embellir l’avenue. Le studio est donc une sorte de long couloir, à la fois cosy et très lumineux, parfait pour installer des œuvres sur les murs ou sur les larges baies vitrées donnant sur l’avenue. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un studio de tatouage, mais également d’une galerie, avec des expositions régulières. Le tatouage est un art après tout, combiner studio et galerie n’a rien d’étonnant.

Le maître des lieux, Anthony, y expose donc principalement son travail, mais aime aussi recevoir les contributions d’autres artistes. Pour 2017, quatre expos sont déjà prévues, principalement des artistes qui font partie de son réseau personnel et pour qui il a eu un vrai coup de cœur. Mais aujourd’hui c’est surtout la petite pièce du fond qui va nous intéresser : celle avec l’encre et les aiguilles et les traces de griffes sur les murs. Le tatouage fait l’objet d’un véritable engouement : il y a une vraie demande, et les quatre nouveaux studios qui ont ouvert leurs portes pratiquement en même temps à Sainté ne désemplissent pas. Plus qu’un effet de mode, le tatouage, très prisé depuis quelques années aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne, s’implante de plus en plus en France. Allons voir de plus près…

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Etape 1 : le projet

Comme j’aimais bien le style des dessins exposés dans sa galerie, j’ai décidé de rendre visite à Anthony pour mon projet de tatouage. En quelques minutes, il m’a proposé un premier croquis très inspiré avec l’idée de départ que je lui ai donnée (eh non, pas un tatouage de taupe, je veux bien être corporate mais y’a des limites) ! On bien discuté, de sujets anodins ou de questions essentielles comme d’éventuels problèmes dermatologiques. Tout le monde peut se faire tatouer, et toutes les catégories socio-professionnelles sont passée sous l’aiguille d’Anthony. Il n’y a pas non plus de limite d’âge (hormis pour les mineurs). Concernant les contre-indications, au moindre doute (grain de beauté, cicatrice, tâches de rousseurs…), Anthony t’envoie d’abord chez le médecin pour être sûr. On a enfin pris rendez-vous 6 semaines plus tard pour la deuxième étape : la réalisation. Le temps de travail est très difficile à estimer et est différent pour chaque projet. Pour un tatouage intégral du bras (une manchette), compter à la louche 4 à 5 séances de 4 heures. Avis aux amateurs ! Première impression à ce stade : Anthony est un pro avec un vrai sens de l’écoute, je pars confiante.

Etape 2 : l’encrage

Le jour J approche, et Anthony m’a fait parvenir par sms des améliorations successives du croquis d’origine pour validation. Le dessin est pour ainsi dire finalisé, il me plaît de plus en plus ! Quelques petites retouches plus tard, c’est le moment de passer dans la petite pièce du fond pour y rester quelques heures à souffrir laisser les aiguilles travailler.

Le matériel emballé dans du film alimentaire et la légère odeur de désinfectant sont un peu déroutants mais c’est normal, et même vivement recommandé. On passe à l’étape de la préparation de la zone à tatouer : raser et désinfecter. Eh oui, pas un poil n’est autorisé le jour du tatouage ! Vient ensuite la délicate étape de la pose du stencil, le calque sur lequel la version finale du dessin est imprimée. Il ne faut pas hésiter à prendre son temps pour bien le poser, parce qu’après, c’est pour la vie !

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Allez on y va. C’est là que les hostilités démarrent vraiment. Le bruit et les vibrations de la machine, les sensations de picotement, puis de brûlure parfois, puis… je m’évanouis. Non c’est une blague ! Mais on ne va pas se mentir : rester longtemps sous une aiguille (3 heures dans mon cas) n’a pas été le moment le plus agréable de ma vie. J’ai eu l’impression qu’une grosse lime à ongle venait me frotter l’avant-bras avec insistance, puis qu’on a voulu me trépaner le coude, mais j’avoue je suis un peu chochotte.

Anthony a effectué un premier traçage avec tous les contours de mon dessin, puis a fait un deuxième passage pour ajouter le volume avec les ombrages. On a eu le temps de papoter un peu pendant toutes ces étapes. C’est surtout Anthony qui a parlé vu que je n’étais pas trop en état 🙂 Heureusement que mon coéquipier Yann était là pour les prises de son et les premiers secours.

Alors, la principale qualité pour un tatoueur ?

Et quelle est la partie du corps la plus tendance pour se faire tatouer en ce moment ?

Sinon, pour ou contre le tatouage sur le visage ?

On arrive à la fin… ouf ! Comme j’ai une peau plutôt sympa, le résultat a été propre tout de suite (pas de sang ou de croûtes, mais ça peut arriver).

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Etape 3 : les soins

Voilà, ça y est ! Le tatouage est terminé, je me sens un peu dans les choux mais bien contente 1/ que ce soit fini et 2/ waaaahhh le résultat est génial ! Je resterais bien quelques heures encore à admirer mon avant-bras avec amour, mais il faut l’emballer dans du cellophane et bien suivre les précautions d’usage. Hydratation avec de la crème pour le cul des bébés plusieurs fois par jours pendant au moins 3 semaines, pas de baignade, pas d’exposition au soleil, et cellophane pendant quelques jours et surtout quelques nuits, car les résidus d’encre peuvent méchamment tacher les draps.

J’ai bien respecté les consignes, et, presque deux mois plus tard, je suis toujours aussi in love with mon bras ❤❤❤

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Bilan : un tatouage est un projet très personnel et le tatoueur se doit non seulement d’être un artiste accompli capable de le réaliser au mieux, mais aussi d’apporter ses conseils et de mettre la personne en confiance. Avec Anthony, le courant est tout de suite passé et le résultat est excellent. Si jamais le dessin ou la technique demandée n’est pas dans son champ de compétences, alors il n’hésitera pas à te recommander un confrère. Bref, c’est un pro que je conseille vivement !

Astuces pour ceux qui vont se faire tatouer…

⭐ Pense aux bonbons. Anthony a du stock, mais on ne sait jamais, un petit coup de mou est vite arrivé (pour ma part j’ai dégommé un paquet de frites acidulées à la menthe pour survivre à la douleur mais, je répète, je suis une vraie chochotte).

Pense à apporter une vieille fringue. Si tu te fais tatouer le bras, découpe une manche de pull. Si c’est la jambe, apporte un bout de vieux caleçon. Si c’est l’oreille, fous ta cagoule. Bref : n’importe quoi qui protégera ton tatouage pendant les premiers jours – quand il est encore emballé dans le cellophane – et même après, pour éviter de l’exposer au soleil.

Pense que tu as le droit de faire une crise de tourette. Si tu as mal, n’hésite pas à insulter le p*** de m*** de paquet de frites à la menthe si ça peut te faire du bien. C’est permis bordel.

Pense à Boba Fett. Tu sais, celui qui a fini sur un malentendu dans la gorge du Sarlacc. « Dans son ventre, vous découvrirez une nouvelle forme de douleur et de souffrance en étant lentement digéré pendant plus de 1000 ans. » Eh bien 180 minutes de pikouze, à côté, c’est une promenade de santé…

Karavan Tattoo
2, rue des Martyrs de Vingré
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