pascal au bar-2

le Pascal Pacaly, dans son milieu naturel

Petites taupes, mes sœurs, mes frères,

vous le savez, on aime parler de notre bonne ville de Saint-Etienne, des ses bons plans, de ses lieux mythiques. Avec plus ou moins de talent, mais on y met tout notre coeur.

Alors quand on a un VRAI écrivain qui se propose de nous raconter SON Sainté, celui du bon son rock, des bars chaleureux et de la convivialité, on est preneurs, forcément !!

Nous vous invitons donc à suivre notre invité Pascal PACALY, le plus rock des écrivains stéphanois.

(Toute ressemblance avec une soirée mythique à laquelle aurait participé l’un des rédacteurs ne serait que purement fortuite… ou pas)

***

Les animaux enterrent-ils leurs morts ? Une question petit-four entre Jésus, dessins animés des années 80 et Asse. Mais on a quand même visité des bars et une friterie. Heureusement, d’ailleurs, qu’on était là, sinon il n’y aurait eu personne pour vous raconter cette soirée, disons, hum, originale ? Et ça se trouve ça aurait été dommage…

C’est vrai quoi, c’est une question qu’on ne se pose quasi jamais, ou alors très rarement. Très très rarement même. Non, en fait, on se la pose seulement quand la conversation, suite à la chaleur ambiante, aux verres ingurgités et bien d’autres choses, prend un tour animé, allez, voire aviné. Oui, bon, ok, on était un peu chauds…Religion, mort, chaînon manquant – celui entre le singe et l’homme -, dessins animés des années 80, Jésus et Asse, parce que, bon, mine de rien -le jeu de mot est offert- on est quand même à Sainté. On était donc quatre soit disant artistes : Alex, dessinateur – des trucs écorchés -, Sylvain, dessinateur – des trucs entre sf et horreur et thriller-, Johan, pas dessinateur – mais fan de Star Wars – et votre serviteur, écrivain – poésie rock. Johan avait commencé par nous amener dans l’atelier de Sylvain, un chouette atelier, rue Vivaraize, où l’on entre par une grande porte en bois puis un long et étroit couloir blanc, où on monte quelques escaliers, où ça sentait quand même drôlement bon la colle, que ça donnait des idées, des envies. Enfin, vous savez bien… Evidemment, on n’allait pas en rester là, et nous voici donc partis dans un bar de Sainté. Restait à savoir lequel, vu que, quand même, il y en a quelques-uns dans le coin. Johan avait bien envie d’aller faire un petit tour au Thunderbird, et comme on ne dit pas non à un Jedi – ce qu’il refuse obstinément d’avouer, mais nous le savons tous, malgré tout, que, cela, il est – au Thunderbird, donc, nous allâmes.

bar complet

le thunder, tout en lumière, avec James, le plus stéphanois des américains

Le Thunderbird, pour ceux qui ne le sauraient pas – c’est pas grave, ça arrive…- est l’un des bars rock de la ville. Avec son aigle argenté aux ailes déployées – oui, tout ça – qui se déploie sur la façade, et surtout, avec ces jeunes souvent en perfecto devant la même façade, on sent de suite qu’on ne va pas rentrer dans un établissement chicos, bourgeois où on se vouvoie en levant le petit doigt. Arrivés devant la sonnette… on ben, ouais, je sonne, quoi. Puis, poussant en même temps la grosse porte noire, nous entrons dans un lieu vraiment, ben, euh, ouais, rock, quoi. Mais bon, je vais évidemment vous le décrire, puisque c’est un peu le but de l’article, isn’t it ? Déjà, ce qui me botte, ce sont les tonnes d’affiches punaisées sur les murs et hauteurs du bar… de Motorhead à Ultra Vomit, de Holy Cross à Jimi Hendrix, c’est un véritable tour du monde rock et métal qui s’offre à nos yeux qui n’en demandent pas mieux. Au centre, le bar, avec James, the boss, accompagné d’Elise qui s’occupe autant du bar, de la bouffe pour les groupes de rock que de la com et du choix des groupes français qui vont se produire au Thunderbird. Se produire, ok, mais où ? Well, ladies & gentlemen, et bien, à l’étage en dessous, accessible par une vingtaine d’escalier. On se retrouve alors dans une sorte de hummm, comment dire…. une sorte de sous-sol, où une centaine de personnes peuvent s’y tenir chaud, mais alors très très chaud… Généralement, entre punk et métal, et le plus souvent américains – because James was in born in San Francisco a long time ago, well… not a so long time… les groupes qui y passent vous donnent comme par hasard envie de vider deux trois bières, voire plus, beaucoup plus… quoi ? L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ? Humm, bah, faut bien mourir de quelque chose : c’est plus bandant une Khro à la main que tomber d’un escalier,  non ? Oh puis merde hein, lâchez-moi je fais ce que je veux…

crane baton

des discussions élevées…si si!

Au Thunderbird, la discussion sera assez animée… judicieusement et religieusement athée, votre serviteur se défendit alors corps et âme pour faire comprendre son point de vue : nous sommes, comme les plantes, les animaux, une espèce qui nait, grandit, et donne naissance, tout en luttant pour sa propre survie. Darwin, es-tu là ? Le débat tournera autour du fait de savoir si les animaux enterrent oui ou non leurs morts ? La question sous-jacente est leur rapport à la mort : en ont-ils conscience ? Car si c’est le cas, et bien, ça veut dire qu’ils ont une conscience… et nous ne sommes donc pas si différents d’eux… oui, une espèce, comme nous… et rien après la mort, car sinon, existe-t’il un paradis pour les chiens, je vous le demande ? Je soutins alors mordicus que les animaux ont conscience de la mort tandis que les autres nient scandaleusement ce fait. Google étant notre ami, je trouvai ainsi sur mon portable quelques sites et vidéos indiquant que certains chiens enterraient leurs chiots décédés. Faut arrêter de déconner cinq minutes (bien sûr à la lecture de cet article ils nieront encore farouchement, mais ne les croyez évidemment pas, même le Jedi, oui, même lui… ). La conversation partira en suite dans des eaux moyennageuses – l’art de combattre au moyen âge : sexy, non ?- puis il sera temps de partir continuer la soirée ailleurs. Un petit coucou à James et Elise – et de payer nos consommations – nous voila dans la rue, par un froid d’hiver, donc de canard, à chercher où aller. Etant un peu pénible sur les bords question bouffe – je l’avoue- nous décidons d’aller à la friterie parce que d’une c’est pas trop cher, et de deux, il y a des… frites – vous ne me ferez jamais manger des trucs genre courgettes et autres tomates, salades…faut pas déconner là non plus hein.

frites_maison_03

la vie selon Pascal…

Donc la Friterie, c’est juste au-dessus du Smoking Dog, dans l’un des embranchements de la rue des Martyrs de Vingré – renseignez-vous pourquoi on appelle cette rue ainsi, c’est vraiment intéressant – on rentre dans un resto pas très grand où les tables sont proches les unes des autres, ce qui est parfait pour draguer bien sûr. Sauf si tes voisines sont des voisins. Bon, bref, le couple qui tient le restaurant est un couple âgé dont mon Jedi me dit que ça fait un paquet de temps qu’ils sont là. Parfois ils sont aidés par des membres de leur famille… Evidemment, on ne peut pas laisser quatre garçons dans le vent sans que ça parle un peu foot… Qu’on n’aime ou pas le foot, on ne peut négliger l’importance sociologique de celui-ci à Saint-Etienne, et pitié épargnez-moi les  » ils touchent beaucoup trop d’argent », etc. Moi, si on me donne 100 000 euros par mois pour jouer au foot, je signe direct, et, si vous êtes honnête, vous le ferez également, pour 100 000 euros, je veux dire. Personne ne pourrait refuser une telle somme. Non, c’est le système tout autour qui est perverti. Il faut bien voir qu’à Saint-Etienne, ville ouvrière, le foot est vécu comme la victoire de celui qui se voit parfois comme un loser : c’est à dire que l’ouvrier qui n’a pas une vie forcément terrible tous les jours, qui se fait enfler par les politiques voit dans la victoire de son club, donc de sa ville, donc de lui-même, SA  victoire contre l’adversité : il n’est plus un loser mais un vainqueur dont le nom de l’ASSE étant en plus connu de la France entière, lui donne un suprême goût de revanche. Je pourrais continuer ainsi à parler foot mais j’aurais peur de perdre quelques lecteurs -enfin, lectrices-  en route donc revenons-en à nos frites.

la-friterie_format_626x312

cela ne paie pas de mine, et pourtant…qu’est-ce qu’on y est bien !

Donc une belle assiette de charcuterie pour commencer… le resto est plutôt sympa, on peut y écrire sur les tables, enfin, du moins, Alex, qui ne pouvant une nouvelle fois maitriser son corps, sorti un crayon pour dessiner euh, en fait, au début, j’avoue que j’ai eu du mal à comprendre ce qu ‘il dessinait, et, à la fin, à travers les taches de gras sur la nappe en papier blanc, on devinait un visage généreusement offert à notre maître Jedi. Ou alors était-ce un peu de lèche de la part d’un jeu padawan ? Il était 23h passé et les tables se vidaient doucement mais sûrement dans une ambiance vraiment conviviale. Nous attendions toutefois vainement notre dessert jusqu’à ce que la maîtresse des lieux nous demande si tout allait bien…donc on réclame notre dessert – what else ?- et puis vient peu à peu l’heure de partir…

de l'art, des potes, du gras : la vie !

de l’art, des potes, du gras : la vie !

Et oui, toutes les bonnes choses ont une faim, parait-il…Olala le jeu de mots, je sais…en tout cas, nous étions de retour dans les rues stéphanoises, repus autant par la boisson et le repas que des discussions philosophiques forcément sans fins – putain, encore…- Se balader la nuit dans Saint-Etienne est totalement différent… beaucoup plus de silence, forcément, hein. Mais aussi l’occasion de prendre le temps de regarder l’architecture des appartements, des rues… Pas mal de gens aiment ou détestent Saint-Etienne : trop bruyant ou trop sale quand on n’aime pas… mais quand on aime, on ressent cette âme, ces valeurs ouvrières. Ville noire ? Un cliché ? Peut-être mais pas forcément. Mais pour ceux qui aiment cette ville, ville noire est plutôt un compliment. Que ce soit dans la mine ou dans les usines, ces valeurs qui caractérisent ces gens-là, sont plus que jamais les nôtres. Parce que nous sommes nés dans le charbon et la poussière, à Saint-Etienne, on ne passe par quatre chemins pour dire ce qu’on pense – oui oui les footeux pensent aussi, promis. Non, on ne lève pas le petit doigt pour boire le café et oui parfois on crache par terre, mais on a des bars rock qui sentent forcément bon la bière, des kebabs qui, eux sentent les terres africaines et orientales, des friteries pas forcément belges, un jedi geek, des dessinateurs pas geek, un club de foot qui essaye de sortir de son histoire, une ancienne mine et des mecs qui débattent pour savoir si les animaux enterrent oui où non leurs morts…

Ici c’est Saint-Etienne.

 

Notre invité du jour : Pascal PACALY  le Facebook du monsieur

La biographie (pas vraiment à jour)

Et ses derniers bébés :

PLAY BOY : Play boy – le Facebook

LA FRANCE EST ROCK : La France est rock – le Facebook

Le facebook du Thunderbird lounge, pour ne rater aucun concert : Thunderbird lounge- le Facebook

Ici, ça parle de cette institution qu’est La Friterie et de ses adorables patronsles 40 ans de la Friterie dans Zoomdici